Quelques découvertes intéressantes dans mon parcours de vie

Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horacio, que ce que votre philosophie peut concevoir.
William Shakespeare
La vita ha più immaginazione che i nostri più bei sogni.
Christoph Colomb

Étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent.
Évangile selon St Mathieu 7-14

Terre en rotation

Ayant reçu une formation scientifique, j'ai mis longtemps à comprendre que la vie en général n'était pas faite que d'éléments factuels et que, dans une communication entre personnes, il n'y avait pas que des mots, des informations factuelles.
Me remettant alors en question, refusant de continuer à marcher sur 1 seul pied, j'ai suivi - et je continue encore - des formations et faire un vaste travail personnel afin d'apprendre "l'autre" côté des choses.
Je ne savais bien entendu pas, en commençant ce chemin, sur quels sentiers, quelquefois abruptes, quelquefois déconcertants, mais in-fine toujours merveilleux, tout cela me mènerait.
Ce sont quelques observations de ce cheminement que je souhaite partager avec vous sur cette page.  Je ne les ai jamais trouvé dans mes lectures, tant philosophiques que psychosociales.  C'est pourquoi je les mets en ligne.  J'espère qu'elles pourront être utiles à l'un ou l'autre.
Attention, les émotions et les ressentis décrits ici ne sont par définition qu'approchés par les mots que je leur donne.  Non seulement est-il difficile de verbaliser ce qui est avant tout à vivre mais les mots français ont hélas, surtout dans ce domaine, leurs limites.
Mais, comme le dit Ken Wilber, comment décrire autrement ce qui est fondamentalement le soi intime (inner-self).

La nature n'est pas binaire, elle est ternaire.

Une première observation importante, que je trouve confirmée par les récentes découvertes de ce que certains appellent "la nouvelle biologie"¹ (qui ne croit plus en l'omnipotence déterministe de l'ADN mais plutôt en l'interaction entre le vivant et son environnement, notamment grâce aux propriétés des membranes des cellules) est que la vie ne fonctionne pas par de manière binaire.  La nature, et je pense que tout dans cet univers est ainsi, est fondamentalement ternaire.  Une cellule à toujours trois choix :  ne pas réagir, réagir positivement ou réagir négativement à un stimuli extérieur.  Il y a là une logique 1/0/-1 pour parler en terme informatique.  Et ce qui est valable pour la cellule, l'est tout autant pour des structures plus complexes, humain inclus comme pour les structures plus fondamentales, particules élémentaires tels les leptons et les quarks inclues.

1 cf "la biologie des croyances" de B. Lipton.

Les émotions fonctionnent par paires

Une autre observation que je n'ai jamais lu ou entendu nulle part, mais que l'on peut relier à l'observation précédente, c'est que les émotions fonctionnent par paires.  D'autres (l'école de Palo-Alto par exemple mais pas seulement) avaient déjà observés que l'homme fonctionne avec seulement quelques moteurs d'existence¹.  Que ces moteurs sont activés par l'interaction avec l'environnement et motivent inconsciemment nos actes.    Et les dernières recherches montrent que l'homme codifie très tôt la couleur émotionnelle de ces moteurs (d'où l'importance de l'environnement lors de l'apprentissage de l'enfance (coucou madame Dolto)).  Une explication est l'observation précédente :  1/0/-1=Emotion positive/Absence d'émotion/Emotion négative.  Une émotion de base, c'est donc un peu comme comme une pièce de monnaie, qui a donc 2 faces ou, pour les scientifiques, un spin-up et un spin-down comme pour une particule élémentaire.  Et c'est la nature profonde de chacun de nous, sur base de nos expériences, qui génère la tendance "naturelle" à aller vers le spin-up ou le spin-down d'un de ces moteurs.  J'ai à ce jour pu observer et identifier 4 moteurs ou couples d'émotions de base, à savoir :

  1. Amour-Haine
  2. Joie-Tristesse
  3. Extase-Peur
  4. Plaisir-Dégout

Etre conscient que ces couples sont les moteurs de ceux qui sont en face de soi aide beaucoup à comprendre leurs valeurs, et de là leurs comportements (i.e.  quelqu'un qui est dans le moteur extase-peur aura des valeurs de justice ou d'équité et voudra plus facilement, soit aider le monde et être un sauveur, soit rappeler les règles et être normatif).
Et à partir de cette découverte là, il est facile de déduire qu'il y a moyen, grâce a toutes les techniques qui travaillent sur l'inconscient (la méditation, l'hypnose vraie, la sophrologie, la PNL, toute les techniques issues de l'école de Palo Alto, ..., bref, toutes les techniques permettant de mettre son cerveau dans un état alpha de conscience²), de travailler, voir modifier, notre ressenti up ou down lorsqu'elle est problématique (certains diront des mauvaises "codifications" ou des croyances limitantes).

1 cf les travaux de R. Dilts, développés par A. Moenaerts.
2 cf les travaux de K. Wilber.

Le vide est plein de choses qui "vivent" et "communiquent".

Lorsque l'on se met à travailler des techniques permettant de mettre son cerveau dans un état modifié de conscience, on est très vite confronté avec une autre observation, une nouvelle réalité :  le vide est plein de choses.  En état méditatif ou de relaxation dirigée, il est assez facile de sentir ce qui nous entoure, les émotions qu'ils expriment, et d'étendre cette perception très largement (au moins en terme d'espace).  Certes, on ne peut communiquer au sens commun où nous l'entendons mais le "vide" est plein de messages plus fondamentaux et possède une sorte de sociologie d'un autre niveau¹.  On y perçoit beaucoup de choses.  Je n'ai pas encore trouvé d'explication, cela passe peut être - comme je l'ai lu depuis, mais sans en être convaincu - par des canaux olfactifs ou ultrasoniques ou autres.  Mais toujours est-il que le vide en plein de choses et qu'il est même possible, en état de relaxation complète, de voir (réellement voir avec ses yeux) des couches supplémentaires qui entourent tout ce qui est "vivant", comme les aura décrits dans les spiritualités traditionnelles.  Et on peut voir que ces halos communiquent en créant des ponts entre eux².

1 cf les espaces de conscience de G. Hofstede sur base de travaux sur les frontières et les territoires de E. Hall.
  cf aussi les travaux de K. Wilber.
2 cf "les mains qui guérissent" de Barbara Ann Brenann et le nagualisme de Luis Ansa.

La mémoire fonctionne selon tous les canaux de perceptions en même temps.

J'ai aussi observé que la manière dont nous mémorisons les événements se fait au travers de tous les canaux de perceptions en même temps.  Même si nous privilégions la conscience d'un ou de quelques uns de ces canaux, notre mémoire semble stocker une "information" dans tous les registres en même temps :  visuel, auditif, kinesthésique, olfactif, gustatif et ressenti émotionnel.  Et les souvenirs semblent être regroupés, empilés les uns sur les autres, dans la mémoire lorsqu'ils réunissent des mêmes caractéristiques.  C'est pour cela que l'on est empli des informations issues des autres registres lorsque l'on accède à l'un ou l'autre souvenir.  Ceci est d'autant plus perceptible pour le commun des gens lorsque le souvenir est lié à une émotion forte.
L'une des conséquences de cette observation est que ce qui fait que nous sommes ce que nous sommes, notre évolution personnelle, notre apprentissage, se fait tant lorsque l'on est consciemment occupé à apprendre (sur les bancs de l'école par exemple) que lorsque l'on est inconscient (lorsque l'on dort par exemple (coucou les noceurs)).
Une autre conséquence est que, puisque nous codifions les choses aussi lorsque nous dormons, nos rêves et nos cauchemars sont aussi des éléments qui façonnent notre personnalité et nos moteurs de vie.  En conséquence, l'on peut dire que pour notre réalité intérieure, nos rêves sont tout aussi "vrais" que des événements conscients et sont stockés avec tous les registres de perceptions qui peuvent leur être associés.  Dès lors, il apparaît que, pour notre réalité intérieure, la barrière entre le monde matériel et le monde immatériel est ténue.

Le bonheur est dans l'instant, a besoin d'estime de soi et de lâcher-prise.

Une autre observation est que le bonheur, état d'être et non d'avoir, que nous recherchons tous, s'il est particulier à chacun, nécessite au moins l'addition de 3 critères :

  1. Vivre instant après instant en savourant chaque instant, sans se projeter perpétuellement dans l'avenir.  Et c'est pas facile dans nos sociétés actuelles, je vous le dit !
  2. Avoir une bonne estime de soi.  Estime de soi qui conjugue la connaissance de soi (sans voiles et sans fards), l'amour de soi (sincère et profond, premier pas nécessaire pour pouvoir aller vers "l'autre") et la confiance en soi (croire en soi).  Si l'une des 3 composante manque, c'est raté !
  3. Pouvoir lâcher-prise.  Ce qui est différent de la renonciation.  La différence étant que la renonciation colore le ressenti résultant avec de la tristesse tandis que le lâcher-prise colore le ressenti résultant avec de la joie (cf l'observation des paires d'émotion).  Pour lâcher-prise, la "différence qui fait la différence" est qu'il faut mettre une sourdine à son ego et accepter intimement dans sa chair que, après avoir fait tout ce qui était possible pour quelque chose, le "résultat final" de ce quelque chose ne nous appartient pas.

Pour chacun de ces 3 critères, de nombreuses techniques pour apprendre ou rééquilibrer ceux-ci existent.  En cherchant un peu, chacun trouvera bien la manière de faire qui lui convient le mieux.

L'univers n'évolue pas de manière linéaire mais par saccades.

Une autre observation, tant macro que micrométrique est que les choses, la vie, les particules élémentaires, le monde, l'univers, l'âme humaine, évoluent par cycle de type "déstabilisation, puis recherche d'un nouvel état d'équilibre".  En terme de physique, on parlerait de "quitter un état métastable pour en rechercher un nouveau, de préférence de niveau supérieur".

Il n'y a apparemment que deux manières pour l'homme de voyager sur le chemin de sa vie.

La vie est comme un voyage et les gens y voyagent visiblement seulement de deux manières antinomiques :
D’une part, il y a ceux pour qui le voyage est le but en soi, où la "destination" finale n’est pas connue à l’avance, où le projet de vie est d'être dans ce mouvement, ce voyage permanent, sans objectif(s) prédéfini(s).  Ces gens sont en quelque sorte plus des spectateurs de leurs vie.
D’autre part, il y a ceux qui voyagent en ayant une "destination", en sachant où ils souhaitent aller et ce qu’ils veulent faire comme parcours de vie.  Ce sont des gens qui sont plus acteurs de leurs vie.
Chacun peut avoir ou ne pas avoir de "destination" :  c’est une décision personnelle.
Mais si l'on veut donner du sens à sa vie, il est utile de définir une "destination", un projet de vie (et ce, tant pour soi-même que pour le couple éventuel que l'on formerait avec un(une) conjoint(e)), savoir ce que l'on veut être.

 

© Michel De Meerleer. Cr Date : 16/03/2008, Last Update : 22/05/2010