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Article 6 :  Analyse et critique des idéologies politiques et quelques considérations sur une politique intégrale

 

Vous pensiez avoir lu le plus difficile avec les considérations sur les religions et la spiritualité ? Vous vous trompiez ! Voici encore bien plus complexe : une analyse et une critique des différentes idéologies politiques ainsi que quelques considérations sur les caractéristiques que devraient recouvrir une véritable politique intégrante du second tiers (politique intégrale).

J'espère arriver à être didactique et clair dans l'exposé qui va suivre.

Comme vu dans les articles précédents, le modèle intégral cartographie les éléments observés en fonction d'un certain nombre de dimensions. Les 2 principales étant l'intériorité versus l'extériorité, l'individuel versus le collectif. Dans ces quadrants définis par ces 2 premières dimensions, se déploient des lignes de développement pour lesquelles j'ai déjà discuté des différents niveaux tels que repris dans le schéma ci-contre.

Vous avez également pu observer dans mes autres articles des réflexions issues de l'examen des dimensions externes (l'article sur "la recrudescence des réflexes ego et ethnocentriques") ainsi que des dimensions internes (l'article sur "la confusion pré-trans").

Nous allons maintenant tenter d'examiner ensemble les principales idéologies politiques, leurs origine, leurs implications, leurs défauts.

Pour ce faire, nous devons observer simultanément quasi tout l'ensemble de l''espace du modèle intégral. Il faut bien garder à l'esprit que ce que l'on observe (un holon, représenté ici pour l'exemple par un cube bleu sur l'image) est un objet capable de se déplacer globalement dans les 2 directions, soit en suivant longitudinalement le niveau où il s'exprime (on appelle cela la translation, KW4 appelle cela l'Agape), soit en se transformant vers un niveau supérieur (KW4 appelle cela l'Éros, transcendant et incluant le niveau qu'il dépasse dans le niveau de nature supérieure) ou vers le bas (KW4 appelle cela le Thanatos).

Pour ce qui est du Thanatos, nous en avons déjà discutés dans l'article sur "la réémergence des réflexes égo et ethnocentriques", bien qu'il y ait là dedans, par souci de simplification, également inclus la notion KW4 de Phobos - une régression due au fait que l'on se coupe des niveaux inférieurs de développement -, mais le distinguo était parfaitement inutile dans l'explication donnée alors.

Pour ce qui est de l'Agape, deux mouvements sont possibles : soit aller vers les espaces plus "individuels" (on appelle cela l'agencement, c'est à dire la mise en place de hiérarchies, de "chacun à sa place"), soit aller vers les espaces plus collectifs (on appelle cela la communion, c'est à dire une vue plus collective de la problématique observée).

Une fois ces notions bien ancrées dans notre esprit, nous pouvons examiner les idéologies politiques.

Une idéologie politique est donc caractérisée par différents paramètres : le quadrant où elle s'exprime, le niveau où elle "naît" (est mise en œuvre), l'état où elle est pensée, l'orientation qu'elle prend pour se pérenniser.

Dans l'analyse des idéologies politiques, je me dois de distinguer les idéologies pré-5/orange des idéologies des niveaux supérieurs. Les idéologies pré-5/orange ne peuvent en aucun cas être qualifiées de démocratiques car elle ont pour origine des couches sociologiques égo et ethnocentriques ou seul, soit le leader alpha (niveau 3/rouge), soit la caste dirigeante (niveau 4/ambre) a "le droit" pour lui. La démocratie, dans ces niveaux là, n'a le droit d'exister que tant qu'elle sert le pouvoir en place. Elle est un instrument de sa politique de domination.

Par exemple, l'idéologie nationaliste (nazi & co), naît dans le quadrant Intérieur-Collectif, dans un niveau 3/rouge, a été pensé dans un niveau 4/ambre et se déplace dans un mouvement de communion, ignorant totalement l'agencement et l'extériorité (c'est d'ailleurs cette caractéristique - intrinsèquement liée à cette manière de penser - qui lui vaudra systématiquement sa perte dans toute l'histoire de l'humanité).

Dans les mêmes niveaux pré-démocratiques, nous pouvons y citer les idéologies de niveau 4/ambre de défense de l'une ou l'autre caste, qu'elle soit aristocratique (quadrant individuel-extérieur, ordres chevaleresque et nobiliaire) ou religieuse (quadrant collectif-intérieur, les partis chrétiens par exemple, mais aussi les partis intégristes islamistes).

Le marxisme-léninisme, typique du quadrant Extérieur-Collectif, lui, a été pensé à un niveau 6/vert mais mis en oeuvre dans une société dont le centre de gravité était 4/ambre. Elle a donc vécu une tension Thanatos (pour être précis Phobos, c'est à dire coupée de ses niveaux inférieurs) qui l'a transformé en communisme et même fait régresser pour un temps dans le niveau 3/rouge avec le stalinisme.

Mais le socialisme qui s'en est séparé, lui, a continué son développement en dehors de ce schéma et est arrivé à se transformer pour exister dans le niveau 5/orange, premier niveau de démocratie. Le socialisme donc, est un holon de niveau 5/orange dont le sens de développement est clairement de communion (récompense collective de la sueur mise au travail) et de s'ancrer dans le quadrant Extérieur-Collectif.

Ce mouvement généra automatiquement son contraire au même niveau, le libéralisme. Le niveau 5/orange étant l'apanage même dans son quadrant Extérieur-Individuel du capitalisme. Le libéralisme donc, est un holon de niveau 5/orange dont le sens de développement est clairement d'agencement (récompense individuel de la sueur mise au travail), donc le quadrant Extérieur-Individuel. Le néo-libéralisme, lui, n'étant in fine que le même holon du libéralisme, mais se développant sur une autre ligne (ligne où l'être humain n'est plus le moteur mais bien l'argent, qu'il faut accumuler). Le néo-libéralisme possède par contre toute les caractéristique de développement Phobos, coupé qu'il est de tous les niveaux inférieurs au niveau où il existe, à savoir le 5/orange.

On peut observer que dès que l'on donne prééminence aux transformations et au changement, on privilégie les mouvements progressistes. Dès que l'on donne prééminence aux translation et au présent, on privilégie les mouvements conservateurs. Si on justifie par des raisons intérieures les fautes de la souffrance humaine, on privilégie une mentalité "de droite" (les républicains aux États-Unis) dont l'archétype littéraire serait Nietzsche. Si on justifie par des raisons sociales les fautes de la souffrance humaine, on privilégie une mentalité "de gauche" (les démocrates aux États-Unis) dont l'archétype littéraire serait Rousseau. Si on privilégie les droits collectifs par rapport aux droits individuels, on privilégie une mentalité communautaire. Si on privilégie les droits individuels par rapport aux droits collectifs, on privilégie une mentalité libérale (coucou mes amis belges).

L'écologie est un holon pensé au second tiers (niveau 7/vert-turquoise ou 8/turquoise, pensons par exemple à la tête bicéphale masculin-féminin) mais mis en œuvre auprès d'une population de niveau 6/vert et qui régresse actuellement vers le niveau 5/orange. Un indice de cette chute se trouve déjà dans le fait d'avoir abandonné le terme "mouvement écologiste" pour le terme "parti écologiste". Il exprime donc ce que nous appelons "l'écologie de la terre plate" (tout le monde est égal, il faut l'égalité partout, l'individu est reconnu mais au sein d'un réseau de gens d'une structure égalitariste, confusion pré et trans-rationnelle où les baba-cool soixante-huitards sont mis sur un même pied que les écologistes progressistes). Au départ, l'écologie est le premier cas de holon présent à cheval entre l'individuel et le collectif (la dimension supérieure et la dimension inférieur des 4 quadrants) car il valorise le développement de l'individu dans un système collectif en réseau, peu ou pas hiérarchisé qui privilégie le partage d'expériences et de compétences individuelles pour le bien de la collectivité. Il est donc clairement un mouvement puisque voyageant dans plusieurs quadrants. Or, l'orientation qu'elle prend actuellement un peu partout en Europe est de communier, c'est à dire de se restreindre au quadrant Extérieur-Collectif, donc de se rapprocher de l'idéologie socialiste qui est dans ledit quadrant au niveau 5/orange. De toute manière, même si elle n'était pas en Thanatos, l'écologie reste fondamentalement liée aux quadrants Extérieurs. Elle est donc clairement encore une idéologie de premier tiers.

Nous pouvons donc constater qu'il est inutile d'opposer toutes ces idéologies de premier tiers, qu'elles sont en fait toutes complémentaires les unes des autres, mais incomplète en ce qu'elles ne font que couvrir un (ou deux) quadrant(s) et un (ou deux) niveau(x) donné(s) et ne cherchent pas à couvrir les autres dimensions de l'espace du développement humain.

Ceci étant dit. Que serait donc alors une politique intégrale de second tiers ?

Il est évident qu'il n'est pas possible de décrire dans le détail une véritable politique intégrale étant donné que nous ne sommes pas dans une société où une part suffisante de la population se retrouve dans des niveaux 7/vert-turquoise ou 8/turquoise, mais il est toutefois possible d'en donner quelques caractéristiques.

Examinons donc à présent quelques caractéristiques que devraient développer une telle politique de second tiers.

Tout d'abord, il est naturel qu'elle prenne en considération les 4 quadrants - l'homme, sa conscience, sa culture/vision du monde et son environnement social - ainsi que tous les niveaux de développement de premier tiers de la population dans ces quadrants. Pour ce faire, nous ne sommes plus en présence de partis, qui n'ont à ce stade aucun sens, mais bien en présence d'une hiérarchie du savoir être où se situent des individus de haut niveau de développement ayant conscience de soi, de l'autre et du système (certains diraient des gens "éveillés", compétents, ... ). Leur place dans la structure décisionnelle se ferait naturellement en fonction de leurs compétences et des nécessités globales/systémiques du moment. Ces gens seraient choisis pour ces raisons. Il ne faut toutefois pas confondre de telles caractéristiques avec une version New-Age car ce dernier est grevé d'une même dynamique Phobos de coupure de ses niveaux inférieurs ("tout le monde va atteindre le Nirvana"). Non. Ici nous sommes dans des caractéristiques de personnes dont l'orientation mentale est très "autre" et "système", ce qu'on peut aussi traduire par de l'estime de soi, des autres, d'un amour Agape si l'on veut.

Dans une telle politique intégrale, il est évident également qu'il faut un équilibre dynamique entre l'autonomie individuelle et l'autonomie publique. L'individu ne doit pas se sentir aliéné par la dimension sociale. Pour ce faire, ils doivent arriver à être impliqués (et pas seulement concernés) par le processus de création des lois. C'est par exemple la démocratie participative ou directe. Et il faut que les règles générées permettent l'épanouissent de l'individu. Ce qui est intéressant, c'est de constater que cette "respiration", cette équilibre dynamique, passe par les états internes (le côté gauche du modèle). La subjectivité individuelle ne peut accepter de voir des lois raboter l'objectivité de sa liberté personnelle que si et seulement si sa propre intersubjectivité est partie intégrante du processus interobjectif de rabotement. C'est une autre manière de définir la démocratie représentative. Notez au passage que ceci explique l'émergence de structures demandant la transparence participative dans les processus décisionnels tels que l'actuel célèbre Wikileaks ou des besoins de pétitions et de référendum qui fleurissent ces temps ci.

© Michel De Meerleer. Cr Date : 14/12/2010, Last Update : 29/04/2011